On The White Planet (Hur Bum-Wook), Corée du Sud, 2014

Film de fin d'étude d'un étudiant coréén, présenté dans le cadre d'une carte blanche au festival d'animation Fantoche, cette planète blanche est un sacré coup de maître. Au delà de l'histoire de ce garçon, seul humain de couleur sur une planète où tout est en noir et blanc, c'est l'univers créé qui impressionne. Mélange de styles d'animations différents au service de l'histoire, vision très sombre de l'incapacité de l'humain à vivre la différence (le mélange de fascination-répulsion face à l'altérité y est très présent).

Un film loin d'être parfait, mais qui présente une nouvelle tête à suivre dans le paysage mondial de l'animation.

Swiss Shorts (divers) Suisse 2014-2015

Les sélections de courts métrages permettent de se faire une idée de ce qui se fait dans la relève du cinéma de genre suisse, avec à boire et à manger, comme souvent. Petit florilège parmi 8 pièces inégales :

* Clones, Raphaël Bolliger : Rutger Hauer en scientifique cloneur. Au delà de l'aspect station spatiale, qui ne sert qu'à montrer de jolies images de synthèses, une jolie réflexion sur le clonage et la perte de l'identité.

* Parasit, Diego Hanauer : Film de vampires peu classique, à l'univers visuel froid et récompensé par le prix taurus à l'innovation.

* Super Grand, Marjolaine Perretten : film d'animation très court qui présente un géant qui souhaite aider, mais ne fait que semer la panique. Très enfantin, mais avec un twist final amusant.

* Subotika, Peter Volkart : guide touristique pour une île imaginaire, à l'imagerie que ne renieraient pas Plonk et Replonk.

Tokyo Tribe (Sono Sion), Japon 2014

Je découvre l'univers de Sono Sion à travers ce film complètement givré. Tokyo, des gangs se déchirent le contrôle de la ville à coup de battle de raps improbables. L'utilisation du rap est très originale car elle se fait à mi-chemin entre le musical et le purement intra-diégétique, des battles de rap au sens "classique" du terme. Un univers complètement fou, très excessif, au visuel très poussé et au son évidemment très travaillé, mais un excès qui finit par fatiguer à la longue...

Footloose (Herbert Ross) USA 1984

Kevin Bacon, adolescent mais déjà l'air vieux, débarque de Chicago avec ses parents dans une petite ville conservatrice de la campagne américaine. Sous la coupe d'un prédicateur pour qui la musique est l’œuvre du diable, la danse y est interdite. Sous l'impulsion de Kevin, les jeunes vont se rebeller et recommencer à danser.

Je découvre enfin ce grand classique du cinéma de la libération adolescente des années 80, qui a très mal vieilli, mais qui reste terriblement jouissif. La musique est incroyable, et la scène où le héros prend le prédicateur à son propre jeu et utilise la Bible pour défendre son envie de faire la fête est tout à fait à propos.

Deathgasm (Jason Lee Howden), Nouvelle-Zélande, 2015

Deathgasm est l'exemple type du film de fin de soirée en festival, dans la droite ligne de dead snow et autres zombeavers. Un concept simple, une bonne pelletée de références, et de l'hémoglobine à foison. Seulement, même un film crétin, c'est du travail. Tout comme la comédie, c'est très sérieux (sinon on tombe dans la parodie de bas étage), le slasher bête et méchant, ça demande réflexion. Et deathgasm pêche dans ce domaine, trop timide avec son concept qui demandait de l'audace.

Brody et Zak, deux ados vivant dans une banlieue pourrie de Nouvelle-Zélande se rencontrent et créent un groupe de black métal avec les seuls autres copains qu'ils ont trouvé, des nerds adeptes de jeux de rôle. Par je ne sais plus quel facilité de scénario, les deux compères tombent sur une partition qui est en fait la partition d'une incantation qui ouvre les enfers.

Seulement voilà, au delà du concept qui pourrait être rigolo, le film s'embourbe dans un pseudo coming-of-age, teenage movie avec des histoires d'amour certes amusantes par leur décalage, mais finalement pas très malines. Et là où le film aurait pu être une avalanche de références musicales bien à propos (Satan sait si le black métal regorge de citations sanglantes et de morceaux bien gores), voulant trop contenter le grand public, Howden ne va pas du tout assez loin, se contentant d'un slasher honnête, certes très gore, mais finalement très convenu.

Je prendrais à témoin le morceau qui passe sur le générique de fin, une bonne grosse soupe métal-FM très gentillette, complètement à côté du propos (un peu comme si green room se terminait sur all the small things de Blink 182, ce qu'il ne fait pas, lui).