Maggie (Henry Hobson), USA, 2015

Arnie joue un père de famille recomposée qui s'occupe de sa fille victime d'un virus qui la transforme en zombie. De grosses attentes face à ce film qui semblait présenter une nouvelle approche du fil de zombie et surtout qui offrait à Schwarzie un rôle plus émotionnel que d'habitude. Ben c'est raté. Tout d'abord, disons-le tout net, Governator est absolument formidable dans son rôle. Très émouvant en tant que père aimant et prêt à tout pour sa fille, il est presque aussi touchant, et c'est peu dire, que dans la scène finale de terminator 2. Mais c'est à peu près la seule chose positive que j'aie à dire sur ce film. Bon, ok, Abigaïl Breslin est très bien aussi, loin de son rôle dans Little Miss Sunshine.

D'une facture très linéaire et sans aucune surprise, le film fait surtout le lit de valeurs conservatrices un peu planplan d'amour familial et des valeurs anti-gouvernements d'auto-défense et d'auto-suffisance que ne renieraient pas les libertariens les plus purs. Le plan final qui voit Maggie se jeter du toit (oui, je vous spoile, mais franchement, c'est pas comme si vous ne le voyiez pas venir) et qui combine un plan sur les yeux avec le reflet du sol qui se rapproche avec un plan flashback final d'elle enfant qui cueille une marguerite (oui, parce que Maggie, Margaret, Marguerite, tu vois, c'est trop symbolique) est d'un lourdingue absolu. Dommage.

The Voices (Marjane Satrapi), USA-Allemagne, 2015

Jerry (l'excellent Ryan Reynolds) souffre de schizophrenia hollywoodis, cette forme bizzarre de maladie mentale qui n'existe qu'au cinéma chez les auteurs à la recherche d'une facilité scénaristique. Bref, il entend des voix. Enfin non, il parle avec son chien et son chat et ne voit pas que son appartement est extrêmement sale et mal rangé. Méconnaissance médicale et mauvaise foi mise à part, The Voices est un objet filmique assez drôle, bien servi par un casting impeccable et un visuel ultra léché. Mélangeant comédie, comédie musicale, horreur et suspense, le film est très bien construit et permet de passer un très bon moment.

Hellvetia (Pedro et Ramon), Suisse, 2015

Trop chaud pour passer deux autres films dans un Temple du Bas transformé en sauna, je me rabats donc volontiers sur la projection de la web-série Hellvetia, lauréate d'un concours lancé par la RTS et le NIFFF. Projection qui sera accompagnée d'interventions sur scène des deux protagonistes (et d'un zombie). Et projection surtout dans la seule salle climatisée de tout le festival.

Deux blogueurs branquignols à la recherche du buzz chassent les phénomènes inexpliqués dans notre bon vieux pays. Horriblement cheap, très gore, d'un humour parfois un peu bas de plafond mais toujours décalé, avec des épisodes très courts, ce qui évite de trop tourner en rond. Les épisodes sont présentés par les deux protagonistes du film qui s'auto-interviewent sur scène et montrent surtout leur gigantesque ego et leur minuscule talent (des personnages, hein, les acteurs sont très bien).

Blob forestier, fondue primordiale qui ouvre la porte des enfers, nain de jardin psychopathe, vous trouverez ça en suisse, si vous savez où regarder.